Samedi 19 Août 2017

Burkina Faso : les chauffeurs routiers en grève illimitée

Burkina Faso : les chauffeurs routiers en grève illimitée
(La Voix de l'Amérique 10/08/17)

C’est en réplique aux propos du ministre de la Sécurité félicitant les forces de l’ordre pour le passage à tabac de chauffeurs.

Guichets fermés, cars à l‘arrêt, agents et usagers désemparés, voici le constat dans la plupart des gares routières. Les transporteurs observent le mot d’ordre de grève de leur syndicat, l’URCB, dont les membres ne décolèrent pas contre les propos du ministre en charge de la sécurité, après la bastonnade de certains de leurs membres, explique leur président, Ibrahim Rabo.

« Un grand ministre de la sécurité qui envoie des propos à l‘issue de ce que nous avons reçu comme des frappes à Tenkodogo. Voilà pourquoi les chauffeurs se sont remis en colère pour dire que en tant que ministre de la sécurité, ce n’est pas de cette manière qu’il faut gérer deux camps qui ne s’entendent pas ; il faut tout faire pour apaiser, à partir du moment où vous savez que les gendarmes et les policiers ont des armes. Ils ont bastonné les chauffeurs, alors que c’est eux qui ravitaillent le pays ; et après, vous partez encourager ceux qui les ont bastonnés. Ces mêmes gars ont des armes. C’est pourquoi l’Union des Chauffeurs Routiers observe un arrêt de travail, une grève générale sur l’ensemble du territoire. Peut-être que le président du Faso ou le Premier ministre, on pourra les écouter, mais pas encore le ministre de la sécurité. Pour le moment, c’est une grève illimitée.»

A l’issue d’une réunion avec le syndicat, le Premier ministre, qui lui a demandé de reprendre le travail, a pointé l’importance des transporteurs routiers. « Vous savez que les chauffeurs routiers jouent un rôle très important dans l’économie nationale, a dit Paul Kaba Thieba. Cela est lié à la géographie même de notre pays et il est vital pour nous de pouvoir avoir un accès libre en tout temps aux ports qui nous environnent. C’est le travail quotidien de ces travailleurs inlassables et courageux qui permet au Burkina Faso de s’approvisionner. Donc leur rôle est vital pour notre économie nationale. Je les ai reçus, je les ai écoutés. Je pense que vraiment il faut qu’on aille de l’avant. Je voudrais donc leur lancer un appel solennel, à la reprise du travail, à l’arrêt de ce mouvement qui ne fait que faire reculer le Burkina. »

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