Mercredi 13 Décembre 2017

Le miracle Botswana

Le miracle Botswana
(Autre média 24/12/16)

C’est un paradis pour la vie sauvage. Mais aussi une démocratie solide et pacifique, à la croissance économique insolente. Depuis son indépendance, il y a cinquante ans, ce pays discret qu'est le Botswana est un modèle de réussite. Enquête sur la «Suisse de l’Afrique».

C’est un carrefour où les passeports collectionnent les tampons. Au poste frontière de Kazungula, la rivière Chobe prête ses berges à quatre nations : à l’ouest, la Namibie et ses plaines inondées ; au nord, la Zambie et ses herbes jaune soufre ; à l’est, le Zimbabwe et ses forêts de tamariniers ; au sud, une savane infinie où se répand l’odeur sucrée des fleurs d’acajou : le Botswana. Ignorant les frontières et les contingences de l’Histoire, un éléphant dérive au milieu des eaux bleu paon. Enveloppé par la fraîcheur des courants, il plisse les yeux de plaisir. C’est vers le Botswana, la rive amie, le «sanctuaire des sanctuaires», qu’il se laisse porter. Ce pays d’Afrique australe abrite 130 000 de ces pachydermes, la plus grande population au monde. L’éléphant rejoint une flèche de sable, puis s’enfonce dans le parc national de Chobe, où se réfugient d’autres espèces menacées, lycaons, rhinocéros, guépards… Les animaux ont leur terre promise dans ce pays où la protection de l’environnement n’est pourtant qu’une réussite parmi d’autres. Comparé à celui des autres nations d’Afrique subsaharienne, le revenu national brut par habitant, par exemple, culmine à 15 600 dollars (en parité de pouvoir d’achat), en troisième position derrière le Gabon et la Guinée équatoriale. Autre succès, les investissements publics dans l’éducation : ils figurent parmi les plus élevés de la planète – 10 % du PIB.

Quant au respect des règles démocratiques, il est régulièrement salué par les ONG. En 2008, à la fin de son second mandat, l’ex-président de la République, Festus Mogae, a reçu le prix de la fondation Mo Ibrahim, qui récompense la bonne gouvernance en Afrique. Une distinction confortée cette année par Transparency International, qui considère l’ancien protectorat britannique comme le pays le moins corrompu du continent – il se classe même au vingt-huitième rang mondial, à cinq places derrière la France. C’est aussi l’un des rares Etats au monde à n’être impliqué dans aucun conflit, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. D’où son surnom de «Suisse de l’Afrique».

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