Mercredi 18 Octobre 2017

Sit-in de la Cstb et de la Fésyntra-Finances à l’Assemblée nationale: Les manifestants dénoncent des propositions de loi « scélérates »

Sit-in de la Cstb et de la Fésyntra-Finances à l’Assemblée nationale: Les manifestants dénoncent des propositions de loi « scélérates »
(La Nation 17/03/17)
Le secrétaire général de la Cstb, Paul Essè Iko.

La Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) et la Fédération syndicale des travailleurs du ministère de l’Economie et des Finances (Fésyntra-Finances) ont à l’œil l’Assemblée nationale à propos de certaines lois qu’elles taxent de « liberticides ». Elles ont organisé un sit-in ce jeudi 16 mars sur l’esplanade du palais des Gouverneurs à Porto-Novo.

Munis de castagnettes, de banderoles et de pancartes sur lesquelles sont écrits des slogans hostiles au Gouvernement, les militants de la Cstb et de la Fésyntra-Finances ont manifesté leur mécontentement contre certaines des douze propositions de lois inscrites à l’ordre du jour de la deuxième session extraordinaire de l’année 2017 actuellement en cours à l’Assemblée nationale. Ils jugent « scélérates et liberticides » ces législations initiées par des députés. Ils incriminent, entre autres, la proposition de loi portant organisation du secret de la défense nationale, la proposition de loi portant régime général d'emploi des collaborateurs extérieurs de l'Etat, la proposition de loi relative au renseignement et la proposition de loi fixant les conditions et la procédure d'embauche, de placement de la main-d'œuvre et de résiliation de contrat de travail. Les deux dernières préoccupent particulièrement la Cstb et la Fésyntra-Finances. Pour elles, la proposition de loi portant régime général d'emploi des collaborateurs extérieurs de l'Etat constitue particulièrement une menace pour les travailleurs de l’administration publique. Ceux-ci peuvent être relégués au second rang lors des nominations à des postes stratégiques au profit des retraités recrutés sous contrat avec l’Etat si la loi arrivait à être votée, craignent les manifestants.

S’agissant de la proposition de loi fixant les conditions et la procédure d’embauche, de placement de la main-d’œuvre et de résiliation de contrat de travail, les manifestants la considèrent comme un recul par rapport à la législation du travail en vigueur, en l’occurrence la loi n°98-004 du 17 janvier 1998 portant Code du travail en République du Bénin. Les syndicalistes reconnaissent avoir fait de la modification de cette loi une exigence pour l’arrimer aux réalités du marché de travail mais protestent contre l’élaboration de cette proposition de loi qui ignore tous les débats antérieurs avec le Gouvernement sur la question. « Cette proposition de loi en plus de plusieurs incongruités qui la caractérisent, donne une large possibilité aux privés d’embaucher et de débaucher comme ils le veulent », dénonce le secrétaire général de la Cstb, Paul Essè Iko. Il sera appuyé par son collègue de la Fésyntra-Finances, Laurent Mètognon, qui condamne la proposition de loi relative au renseignement. Ces réformes législatives risquent à terme de « ligoter le peuple et le priver de ses droits fondamentaux pour surtout légaliser la privatisation de l’administration publique par l’utilisation des collaborateurs extérieurs sous contrat avec l’Etat, précariser davantage l’emploi et instaurer un régime policier par la systématisation de l’espionnage d’Etat sur les citoyens », condamne Mathurine Sossoukpè qui a lu la motion de protestation des manifestants. Ces derniers exigent le retrait pur et simple de ces propositions de lois « liberticides » par les initiateurs.
Recevant la motion de protestation, le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, a remercié les manifestants pour la discipline observée tout au long de leur sit-in. Dr Falilou Akadiri a invité les visiteurs à avoir confiance en leurs députés, élus par le peuple. Il a promis rendre fidèlement compte au président Me Adrien Houngbédji, qui se chargera à son tour d’informer ses 82 autres collègues députés de leurs revendications.

Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

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