Lundi 29 Mai 2017

Odon Vallet : « Dans les prisons du Bénin, il doit y avoir des livres sur un islam ouvert, car le risque de radicalisation est réel »

Odon Vallet : « Dans les prisons du Bénin, il doit y avoir des livres sur un islam ouvert, car le risque de radicalisation est réel »
(Le Monde 15/03/17)

Le Monde Afrique a publié récemment, en partenariat avec la revue Afrique contemporaine, une série de reportages montrant la situation très alarmante dans les prisons africaines. Il m’a semblé important d’apporter un éclairage sur le Bénin, un pays que je connais bien. Par le biais de ma fondation [en tant que philanthrope, Odon Vallet intervient beaucoup dans l’éducation au Bénin et offre notamment plus de mille bourses par an aux étudiants les plus méritants], j’ai pu me rendre à plusieurs reprises dans des centres de détention de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Il faut d’abord savoir que la plupart des ONG sont peu présentes à l’intérieur des lieux d’enfermement béninois. La prison d’Abomey, au centre du pays, est dans un état épouvantable. Les détenus adultes survivent à 120 dans un espace de 72 m² ! Dans le quartier des mineurs, ils s’entassent à 20 dans 18 m². Ceux qui n’ont pas de visiteurs, pas de familles ou d’amis, n’ont droit qu’à un seul repas par jour. Vêtus de haillons, ils sont totalement désœuvrés toute la journée.
« Catalogue de microbes »

L’eau constitue un autre problème majeur. Elle est impropre à la consommation et considérée comme un vecteur de nombreuses maladies. Même s’il y a souvent un infirmier dans les prisons béninoises, il n’y a pas de médicament. Comme l’affirme un interne en médecine : « Une prison est un catalogue de microbes. » Les risques sanitaires sont énormes et les détenus souffrent souvent de graves problèmes de santé : infections urinaires, pulmonaires, gale…

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