Mardi 20 Février 2018

Bénin : les Béninois dans l'attente du dégel de la crise sociale qui secoue depuis trois semaines leur pays

Bénin : les Béninois dans l'attente du dégel de la crise sociale qui secoue depuis trois semaines leur pays
(Xinhua 07/02/18)
Le chef de l'Etat, Patrice Talon.

La majorité de la population béninoise avait le regard tourné mardi vers le palais présidentiel à Cotonou où le chef de l'Etat, Patrice Talon, devait recevoir dans l'après-midi les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales en vue de désamorcer la crise sociale qui secoue l'administration publique depuis près d'un mois.

"Nous souhaitons vivement que cette rencontre du président avec les leaders syndicaux puisse aboutir à un consensus favorable pour le dégel de cette crise sociale qui a déjà trop duré", a confié à Xinhua Barnabé Dossoukpèvi, un administrateur civil à la retraite, pour qui cette paralysie de l'appareil administratif depuis trois semaines a de lourdes conséquences pour l'économie béninoise.

Avec cette grève générale, "l'Etat béninois aurait déjà enregistré d'énormes conséquences, non seulement sur le plan économique avec le ralentissement de l'appareil productif de l'Etat, mais aussi des morts dans les hôpitaux pour manque de soins et une dépravation aggravée des mœurs dans les milieux scolaires et universitaires, faute des fermetures des classes", a-t-il déploré.

Pélagie Afiavi, vendeuse de marchandises au marché de Vêdoko, un quartier populeux de Cotonou, a dit prier pour que "Dieu le tout puissant" éclaire les décideurs pour qu'ils parviennent à un dialogue franc et sincère, souhaité par le clergé catholique et tous les Béninois.

"Notre souhait le plus ardent est que dès ce soir, à l'issue de cette rencontre, que le dialogue puisse s'instaurer entre les deux parties et que les syndicalistes lèvent en même temps leurs motions de grève, pour que les activités redémarrent normalement dans tous les secteurs de la vie économique du pays", a-t-elle souhaité.

Ouvertes depuis le 30 janvier dernier, les négociations entre le gouvernement et les centrales syndicales se sont soldées le 5 février par un échec au terme de plusieurs heures d'âpres négociations.

Pour le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB, la plus représentative), Kassa Mampo, cette première session extraordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collective gouvernement-syndicats n'a produit aucun résultat "concret".

Il a déploré le fait que les membres du gouvernement n'aient pu apporter de réponses aux points inscrits à l'ordre du jour, dont la question des libertés, le relèvement du salaire minimum, la hiérarchisation des salaires et la revalorisation du point indiciaire, l'application du statut particulier des enseignants du primaire et du secondaire ou encore la coordination entre le Fonds national des retraités du Bénin (FNRB) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS)

"On a espoir que la rencontre de ce jour avec le président de la République pourra nous concéder quelque chose", a néanmoins espéré El Hadj Sabirou Madjidi, secrétaire exécutif de la Fédération des syndicats du secteur de l'éducation, affiliée à la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB).

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