Dimanche 18 Février 2018

Mondial 2026 : « Après son retour au sein de l’UA, le Maroc a des chances d’attirer des voix africaines… »

Mondial 2026 : « Après son retour au sein de l’UA, le Maroc a des chances d’attirer des voix africaines… »
(Jeune Afrique 14/02/18)
Le président du comité de candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du monde 2026, Moulay Hafid

Si le Maroc, candidat à l'organisation de la Coupe du monde de football 2026, a quatre mois pour s'imposer face aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le royaume place ses pions et pourrait attirer des voix en sa faveur, analyse Pascal Boniface, spécialiste en géopolitique du sport.

Le Maroc aura-t-il le privilège d’accueillir le Mondial 2026 ? Le 13 juin prochain, les membres de la Fédération internationale de football (Fifa) devront choisir entre la candidature marocaine et celle du trio composé par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

À quatre mois du résultat, si le Maroc a des handicaps, certains atouts pourraient lui permettre de gagner des voix, selon Pascal Boniface, directeur de l’Iris (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) et spécialiste en géopolitique du sport.

Jeune Afrique : Les 207 fédérations mondiales ont-elles toutes le même poids ?

Pascal Boniface : Formellement, les élections sont totalement démocratiques : une fédération, une voix. Mais de nombreuses fédérations ne sont pas insensibles à différentes influences, et beaucoup obéissent à des logiques d’alliance, en attendant par exemple un renvoi d’ascenseur en échange de votes…

Le Maroc doit donc se tenir à l’écoute des fédérations ?

Quand on est en campagne, on écoute en effet ses électeurs. Ce qui anime les électeurs honnêtes, c’est cette question : quelle candidature apporte le plus au football mondial ? Quelle candidature étend-elle un peu plus l’influence de ce sport ?

Alors, il faut prendre des mesures. Montrer qu’on travaille pour la cause. Le Maroc aurait, par exemple, tout intérêt à promouvoir le football féminin, amateur et pro, ainsi que la présence de femmes dans les stades. C’est là un enjeu majeur pour les instances du football mondial.

Les fédérations africaines et arabes vont-elles mécaniquement soutenir le Maroc ?

Comme pour les Jeux olympiques, il y a des logiques de solidarité, mais il serait illusoire de se reposer exclusivement sur l’existence de grands blocs, « Nord » et « Sud » par exemple. En revanche, après un retour en fanfare au sein de l’Union africaine (UA), le Maroc a des chances d’attirer des voix africaines…

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