Dimanche 19 Novembre 2017

Le freestyle sans frontières du breakdancer Lilou

Le freestyle sans frontières du breakdancer Lilou
(Le Monde 20/10/17)
Le danseur franco-algérien Lilou, à Lagos, en juillet 2017. Crédits : Antoine Schirer

Deux fois champion du monde de danse hip-hop, l’impétueux Franco-Algérien parcourt le globe pour promouvoir son art. Nous l’avons rencontré au Nigeria. Il a choisi de s’arrêter là, devant le barbecue d’un petit vendeur ambulant. Les phares des voitures éclairent les brochettes de poulet enveloppées dans du papier journal, la poussière vole dans les dernières chaleurs et le bourdonnement des générateurs qui montent dans la nuit de Lagos, capitale économique du Nigeria.

Lui, c’est Ali Ramdani, 33 ans, dit Lilou, son surnom de gamin qui l’a suivi sur la scène. Son CV a de la gueule : multiple champion du monde de breakdance, des spectacles, des films, des jeux vidéo et même une tournée avec Madonna… Le Lyonnais balade sa danse autour du monde depuis quinze ans mais garde ses distances avec le show-biz. Cette semaine de juillet, il débarque au Nigeria en invité d’honneur pour une série de stages et d’événements autour de la culture hip-hop. Un 84e pays sur sa liste. Il crâne : « J’en suis à mon quatrième passeport, cinq si je compte mon passeport algérien ! »

Pour beaucoup d’amateurs de breakdance, Lilou est une légende, célèbre pour ses victoires mais aussi pour ses frasques sur scène – un côté rock’n’roll qu’il cultive depuis ses débuts. Dans toutes les petites écoles de danse de la banlieue de Lagos, Lilou le répète aux jeunes danseurs : « Représentez qui vous êtes, d’où vous venez ! Moi je suis petit, j’ai des lunettes et je suis asthmatique… Je suis comme ça. » Avec sa bouille de gosse, il a surpris tout le monde lorsqu’il a remporté le championnat du monde de breakdance en 2005.

« Des jeunes de banlieue qui se roulent par terre »

En attendant la deuxième fournée de brochettes, Lilou raconte ses débuts. Le kung-fu d’abord, ceinture noire à 16 ans au club de Vaulx-en-Velin, à côté de Lyon, où il vit toujours. Puis la danse. Les années d’entraînement sur le parvis de l’Opéra de Lyon, contre l’avis de ses parents. Les chutes à répétition sur le marbre. Pour maîtriser une figure, il faut se lancer, encore et encore, pour s’écrouler souvent dans la foulée. « Les gens voient souvent ça comme une danse de “caille-ra” [racaille, en verlan], des jeunes de banlieue qui se roulent par terre », s’amuse Lilou. Lui s’est forgé un mental dans cet apprentissage ingrat.

Dans son hôtel à Lagos, il finit la journée sur la terrasse panoramique, à l’écart des Nigérians en tenue de soirée qui papotent sur fond de musique lounge. On est loin de Paris, où des affiches dans le métro annoncent un spectacle du Pockemon Crew, le groupe mythique de Lilou fondé à Lyon à la fin des années 1990. A l’époque, ils sont une dizaine à écumer les battles, ces duels électriques où s’affrontent les danseurs. Pour gagner, ce qui importe, ce sont les mouvements, le charisme aussi. Lilou y trouve un parallèle avec les films de kung-fu de sa jeunesse. « Les combattants ont toujours un style très singulier, avec leurs propres combos. Si l’un vient de l’école du Dragon, l’autre aura été formé à celle du Tigre. Dans le breakdance, c’est pareil, il y a des styles assez marqués suivant les régions du monde. Et chaque groupe, chaque danseur, arrive avec son délire et ses mouvements ! »

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