Vendredi 20 Octobre 2017

"La corruption en Afrique est soutenue par les hommes d'affaires européens, chinois et américains" - Mo Ibrahim

"La corruption en Afrique est soutenue par les hommes d'affaires européens, chinois et américains" - Mo Ibrahim
(AfricaNews 05/10/17)

Imputer la corruption en Afrique aux seuls Africains, serait une mauvaise analyse de la situation. L’homme d’affaires soudanais Mo Ibrahim a partagé cette réflexion alors qu’il accordait une interview exclusive à Armelle Nga, notre envoyée spéciale au forum Africa Convergence qui se tenait au Maroc la semaine dernière.

Le philanthrope qui s’est fait le chantre de l’anti-corruption sur le continent, est convaincu que les mauvaises pratiques commerciales sont pour beaucoup dans l’appauvrissement de l’Afrique.

“L’Afrique n’est pas plus corrompue que n’importe quel autre endroit autour de nous. Pour chaque leader africain corrompu, nous avons 1000 hommes d’affaires européens, américains et chinois corrompus, où sont ces personnes ?”, a questionné l’homme d’affaires.

Pour chaque leader africain corrompu, nous avons 1000 hommes d'affaires européens, américains et chinois corrompus...

“Pourquoi parler seulement de la corruption africaine ? Qu’en est-il de la corruption chinoise, de la corruption américaine et de la corruption européenne ? Nous devons être vraiment justes en ce qui concerne la corruption. Qu’en est-il des entreprises qui ne paient pas d’impôt en Afrique ? Qu’en est-il de la réduction des profits, des mauvais prix ? Il y a beaucoup de corruption autour de nous. Qu’en est-il des sociétés anonymes ?”, a-t-il poursuivi.

Mo Ibrahim est catégorique, s’il est vrai que la corruption est une réalité sur le continent, il est aussi vrai que “les dirigeants africains n’ont pas le monopole de la corruption” dans le monde. C’est pourquoi, selon lui, il est important que la question soit débattue en profondeur afin de soigner le mal à la racine.

Depuis de longues années, Mo Ibrahim a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, à travers notamment l’attribution d’un prix récompensant le leadership africain, que décerne sa fondation.

Lors des éditions de 2009, 2010, 2012, 2013, 2015 et 2016, cependant, aucun dirigeant africain n’a reçu le prix de la bonne gouvernance en raison des critères élevés que requiert le prix.

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