Samedi 21 Octobre 2017

De l’art de gagner des élections « démocratiques » en Afrique

De l’art de gagner des élections « démocratiques » en Afrique
(Le Monde 07/10/17)

Face aux aspirations au changement, les forces au pouvoir sur le continent font preuve d’une grande capacité de résistance et d’adaptation pour se maintenir en place. Les régimes bâtis sur les ruines de guerres civiles en Angola, au Burundi, au Congo, en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda et au Rwanda, ont reposé sur des forces politico-militaires. Hormis au Kenya, en Tanzanie et en Zambie, où le multipartisme a été rétabli au début des années 1990 et a perduré malgré des élections entachées de violences, partout les espérances démocratiques ont été trahies ou manipulées.

Entre juin 2015 et août 2017, la région a ainsi connu un enchaînement ininterrompu d’élections générales. Les scrutins du Burundi en 2015 et de la RDC, initialement prévus en 2016, étaient les plus redoutés. Les présidents sortants voulaient se maintenir au pouvoir au-delà de leur second mandat. Au Congo, en Ouganda et au Kenya, les risques d’affrontements étaient tangibles.

Ces régimes étaient datés, voire gagnés par l’usure. Parmi les « new leaders » révolutionnaires ou progressistes, l’Angolais (José Eduardo dos Santos), le Congolais (Denis Sassou-Nguesso) et l’Ougandais (Yoweri Museveni) avaient plus de 70 ans, régné trente ans ou plus et étaient candidats à de nouveaux mandats. Quant aux présidents rwandais (Paul Kagamé), congolais (RDC, Joseph Kabila) et burundais (Pierre Nkurunziza), après avoir exercé respectivement le pouvoir pendant vingt et un, quatorze et dix ans, ils modifiaient leur Constitution pour briguer un troisième mand

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