Vendredi 24 Novembre 2017

Conseil des droits de l'homme : le Burundi remercie les Africains pour le vote d'une résolution "consensuelle" sur le pays

Conseil des droits de l'homme : le Burundi remercie les Africains pour le vote d'une résolution "consensuelle" sur le pays
(Xinhua 02/10/17)
Térence Ntahiraja, a déclaré que le gouvernement burundais a voulu exprimer également sa gratitude à certains pays d'Asie et d'Amérique du Sud, pour avoir soutenu le Burundi au cours du vote de cette résolution appelant l'ONU.

Le gouvernement burundais a organisé samedi des manifestations à l'échelle nationale pour remercier le groupe africain au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, d'avoir fait voter à Genève une nouvelle résolution "consensuelle" sur le Burundi plaidant pour une assistance technique internationale en faveur du pays.

Dans un entretien avec Xinhua en marge de ces manifestations à Bujumbura, l'assistant du ministre burundais de l'Intérieur et de la Formation Patriotique, Térence Ntahiraja, a déclaré que le gouvernement burundais a voulu exprimer également sa gratitude à certains pays d'Asie et d'Amérique du Sud, pour avoir soutenu le Burundi au cours du vote de cette résolution appelant l'ONU à soutenir l'envoi de nouveaux experts pour une nouvelle enquête en concertation avec les autorités burundaises, sur la situation des droits de l'homme dans le pays.

Toutefois, le lendemain, soit vendredi à Genève, le même Conseil des droits de l'homme de l'ONU, cette fois-ci sur proposition des pays occidentaux dont les pays membres de l'Union Européenne (UE) et les Etats-Unis, a voté une seconde résolution soutenant la prolongation du mandat, pour une durée d'une année, de la commission d'enquête "indépendante" des droits de l'homme sur le Burundi dont le rapport publié le 11 août dernier a été rejeté par le gouvernement burundais.

"Nous avons manifesté aussi pour s'inscrire en faux contre la seconde résolution initiée cette fois-ci par des Européens...venue dire le contraire du contenu de la première proposée par le groupe des Etats africains ; alors que ces Européens avaient échoué dans le vote de cette résolution initiée par la majorité des Etats africains, asiatiques et américaines. Pour le Burundi ; cela n'a pas de sens, parce que c'est comme si un seul siège de la justice avait prononcé deux jugements sur un seul procès", a-t-il fait remarquer.

Cette nouvelle résolution sur le Burundi récemment votée sur initiative des pays membres de l'UE renferme un "agenda caché" et le peuple burundais "jaloux de son indépendance et de sa souveraineté", lui réservera un refus similaire à celui qu'il a opposé aux résolutions antérieures de "même couleur politique", a-t-il insisté.

Derrière le vote de la résolution sur le Burundi inspirée par l'Afrique, "il faut y voir un signal fort et une ferme volonté politique des Etats africains agissant solidairement, pour faire entendre que tout ce qui doit être initié et fait en direction des pays africains, doit l'être sur fonds de consensus entre les pays africains agissant souverainement et le reste des autres pays de la communauté internationale", a-t-il souligné.

A la suite des deux résolutions sur le Burundi votées successivement à Genève les 28 et 29 septembre dernier respectivement sur initiative du groupe des Etats africains et du groupe des pays occidentaux (pays membres de l'UE+USA), le président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l'Homme(CNIDH), Jean-Baptiste Baribonekeza, a appelé l'ONU et le gouvernement burundais, à privilégier le dialogue pour se convenir sur les modalités de travail des deux mécanismes.

La différence, a-t-il expliqué, est que la première est une commission technique composée d'un groupe d'experts censé donner son rapport à la justice burundaise ; alors que la deuxième commission, est en fait l'ancienne commission d'enquête sur le Burundi, dont le mandat vient d'être renouvelé pour un an sur demande de l'UE.

"Du fait que l'ancienne commission d'enquête ne pouvait pas inspirer confiance au vu des circonstances de sa mise en place, notamment par rapport à la base factuelle qu'était le rapport de l'ONU sur le Burundi dont le contenu était plein de contre-vérités, mais aussi par rapport aussi à l'échec sur des négociations portant sur la mise en place de cette commission ; la position du gouvernement burundais est tout à fait compréhensible", a-t-il dit.

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