Dimanche 18 Février 2018

Au Zimbabwe, la maladie de Morgan Tsvangirai déchaîne les ambitions des « vautours »

Au Zimbabwe, la maladie de Morgan Tsvangirai déchaîne les ambitions des « vautours »
(Le Monde 14/02/18)

Morgan Tsvangirai n’est pas mort. Il respire, souffre sans doute, mais il est en vie. Au Zimbabwe, où il est le principal opposant, les structures de santé sont saccagées par la gestion calamiteuse de la fin de l’ère Mugabe. Un malade qui en a les moyens part se faire soigner à l’étranger. Morgan Tsvangirai, 65 ans, a choisi l’unité de cancérologie d’un hôpital de Johannesburg, en Afrique du Sud. Il est sans doute dans la phase terminale d’un cancer du colon qu’il avait rendu public en 2016. Selon des sources, il lui est difficile de parler.
Autour de lui s’agitent les prétendants à la direction du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et tant pis si le chef n’est pas mort : les ambitieux sont prêts à enjamber son corps endolori pour arriver en premier dans la course à la succession. Luke Tambolinyoka, le porte-parole de M. Tsvangirai, les accuse d’être des « vautours » et brandit de faux documents « signés grâce à Photoshop » et distribués par les pirates qui tentent de prendre le parti à la hussarde.

Lui soutient Nelson Chamisa, l’un des vice-présidents, et assure, comme d’autres responsables du parti, que ce dernier est bien le président par intérim souhaité par Morgan Tsvangirai quand ce dernier avait encore toutes ses facultés. Deux autres vice-présidents, Elias Mudzuri et Thokozani Khupe, tentent de s’imposer comme successeurs.

Pour ce faire, M. Mudzuri a fait le voyage jusqu’à Johannesburg et s’est assuré la complicité d’une partie de la famille Tsvangirai, qui filtre les visiteurs. Il a été admis, sans témoin, dans la chambre du mourant et, sitôt sorti, a affirmé à qui voulait l’entendre que le président du MDC venait de lui confier les rênes du parti. Pendant ce temps, Mme Khupe répète qu’elle est la seule à pouvoir revendiquer cette fonction, ayant été élue lors d’une conférence du parti et non désignée après-coup, comme l’ont été Nelson Chamisa et Elias Mudzuri.

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