Lundi 19 Février 2018

Algérie : Rabah Saâdane dénonce la « vision à court terme » du foot algérien

Algérie : Rabah Saâdane dénonce la « vision à court terme » du foot algérien
(Jeune Afrique 14/02/18)
Rabah Saâdane

Kheireddine Zetchi, le président de la fédération Algérienne de Football (FAF) a demandé à Rabah Saâdane (72 ans) de prendre les commandes de la Direction Technique Nationale (DTN) en octobre dernier. Celui qui avait qualifié les Fennecs pour les Coupes du Monde 1986 et 2010 a accepté la mission de contribuer à la relance du football algérien.

Pas assez d’attention portée à la formation, un foot amateur laissé à l’abandon, des salaires trop élevés des joueurs et dirigeants qui plombent les comptes et empêchent d’investir là où il faut… Le nouveau directeur technique national algérien livre un constat sans concession des freins qui ont empêché le football algérien d’atteindre le niveau auquel il peut prétendre. Rabah Saâdane explique le plan d’action qu’il compte mettre en oeuvre pour renverser la tendance.

Vous aviez pris du recul depuis votre départ de la sélection, après la Coupe du Monde 2010. La proposition de Kheireddine Zetchi de vous nommer Directeur technique national avait tout d’un cadeau empoisonné…

(Rires) Je continuais de suivre de près l’actualité du football algérien. J’ai bien sûr un peu réfléchi avant d’accepter, car j’étais bien conscient de l’énormité du chantier. Mais M. Zetchi a une vision à long terme. Il accorde notamment une vraie importance à la politique de formation des jeunes. Il a été le président de Paradou, un club formateur qui a une bonne réputation en Algérie. Il m’a assuré, quand il m’a proposé le poste, qu’il souhaitait faire bouger les choses et y consacrer des moyens.

L’Algérie a-t-elle trop négligé la formation des jeunes joueurs, mais aussi celle des éducateurs ?

Oui. Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, il y avait un système qui fonctionnait bien. Les équipes de Division 1 étaient largement soutenues par des entreprises d’État, le fonctionnement était professionnel, structuré, et cela était aussi le cas pour la sélection nationale.

Le foot amateur, celui des jeunes, étaient aussi bien organisés. Et les résultats étaient là : deux participations à la Coupe du Mondes (1982 et 1986), une victoire lors la CAN 1990.

Malheureusement, tout ce qui avait été mis en place s’est peu à peu effondré. L’Algérie a vécu une période très douloureuse avec les années noires, et cela a impacté le football. Et depuis, il n’y a pas eu de volonté de relancer vraiment la politique de formation, pourtant essentielle pour le football d’un pays.

Si rien n’est fait à la base, on ne peut pas bâtir à long terme. Si la France, l’Espagne, mais aussi des pays africains comme la Tunisie, le Ghana ou le Nigeria ont des résultats, c’est grâce à leur politique de formation.

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