Vendredi 15 Décembre 2017

Angola: le printemps de Luanda

Angola: le printemps de Luanda
(Jeune Afrique 29/11/17)
João Lourenço, nouveau président de l'Angola

Pour de nombreux observateurs, l’élection de João Lourenço à la tête de l’Angola n’était guère plus qu’une opération cosmétique visant à perpétuer la mainmise de José Eduardo dos Santos et de son clan sur le pays.

Il n’aura pourtant suffi que de quelques semaines à cet ancien général pour démontrer qu’il ne serait pas un président « sous influence » et que les promesses martelées lors de ses meetings n’étaient pas de simples slogans. Assisté de son épouse, Ana Dias, économiste et ancienne représentante de l’Angola à la Banque mondiale, Lourenço s’est soigneusement préparé à sa nouvelle fonction, et les décisions prises depuis son accession au pouvoir en sont la preuve. Les décrets présidentiels sont désormais très attendus à Luanda tant les nominations dans les secteurs clés manifestent la volonté du nouveau président d’en finir avec l’« ancien régime ».
La détermination du nouveau président

Impensable il y a encore quelques semaines, le limogeage d’Isabel dos Santos de la présidence de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol, symbolise à lui seul la détermination de Lourenço.

Mais, en bon militaire, Lourenço suit son plan de bataille, abattant méthodiquement ses cartes, sans laisser à ses adversaires le temps d’organiser la parade.

On aurait pu croire qu’il temporiserait afin de ne pas affronter immédiatement la famille de l’ancien président ou qu’il s’en prendrait d’abord à José Filomeno dos Santos, président du Fonds souverain de l’Angola (FDSEA), dont certains administrateurs ont été éclaboussés par les révélations des Paradise Papers.

Mais, en bon militaire, Lourenço suit son plan de bataille, abattant méthodiquement ses cartes, sans laisser à ses adversaires le temps d’organiser la parade.

En toute chose, il privilégie l’action, qu’il conduit lui-même sur le terrain. Début novembre, il était dans le Cabinda afin d’y tenir une réunion de la Commission économique nationale. Tout un symbole dans cette province séparatiste. Deux jours plus tard, il était dans le Sud, à Huila.

Rythme infernal que ses ministres se doivent de suivre, y compris dans la remise de leurs rapports et plans d’action. L’obligation de résultat est claire pour tout le monde.

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