Mercredi 25 Avril 2018

Angola : est-ce-que la classe politique est prête à passer un nouveau cap ?

Angola : est-ce-que la classe politique est prête à passer un nouveau cap ?
(La Tribune 28/03/18)
Élu président de l'Angola en septembre 2017, João Lourenço (Photo) a mis fin aux 38 ans du règne de José Eduardo dos Santos.

Depuis la fin de son conflit civil de trois décennies en 2002, l'Angola a enregistré une forte croissance alimentée par les exportations du pétrole brut, ce qui a engendré des dépenses publiques élevées et a entraîné l'émergence d'une classe moyenne dans le pays. Le pétrole représente actuellement 95% des exportations de l'Angola et 80% de ses recettes fiscales. Élu président de l'Angola en septembre 2017, João Lourenço a mis fin aux 38 ans du règne de José Eduardo dos Santos. Le nouveau président va de l'avant avec un ambitieux plan de réforme économique, dont le pays a cruellement besoin. Suite au krach boursier de 2014, l'Angola a connu une récession et une inflation galopante. Est-ce-que les réformes de Lourenço seront-t-elles suffisantes pour que l'Angola prenne un nouveau cap ?

Depuis la chute des prix du pétrole - et le rebond rapide - de 2009, le gouvernement a toujours défini la diversification économique comme une priorité absolue.

Cette volonté a été rendue effective, en octobre dernier, soit quelques semaines seulement après l'entrée en fonction de Lourenço. Ce dernier a lancé le plan économique et social, ayant pour but la libéralisation du secteur des télécommunications et attirer davantage d'investissements étrangers directs, en particulier dans les industries agroalimentaires, halieutiques et minières. En outre, ce plan propose également de nouvelles mesures incitatives pour les entreprises locales et vise à améliorer l'infrastructure du pays en incluant la participation du secteur privé. Enfin, l'une des autres mesures du plan de Lourrenço est la surveillance du secteur bancaire via la mise en œuvre des règles plus strictes contre le blanchiment d'argent.

Certes, les mesures prises par Lourrenço ont été saluées par le MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola), parti au pouvoir qui règne sans partage sur le pays depuis 1975 et ayant adoubé sa nomination, mais également par l'opposition, puisque l'UNITA (l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), a loué le nouveau président pour ses décisions ayant permis de démanteler et de faire voler en éclat l'empire politico-financier de la famille Dos Santos. Cependant, quoiqu'il ait la bénédiction du MPLA, le nouveau président angolais devra confirmer son contrôle sur le parti lors du congrès du MPLA, qui se tiendra entre décembre 2018 et avril 2019, afin de ne pas ralentir le rythme des réformes promises d'une part, mais aussi pour faire sortir son parti de l'impasse et des luttes de pouvoir, notamment avec le président sortant, José Eduardo Dos Santos. De plus, il devra surtout veiller à accomplir un certain nombre d'actions d'ordre judiciaire et politique pour rendre ses réformes légitimes.

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