Dimanche 21 Janvier 2018

Littérature : « L’Art de perdre », un hommage aux vaincus de la guerre d’Algérie

Littérature : « L’Art de perdre », un hommage aux vaincus de la guerre d’Algérie
(Jeune Afrique 13/01/18)

Dans sa fresque « L’Art de perdre », prix Goncourt des lycéens, Alice Zeniter raconte l’histoire d’une famille hantée par son passé. Et livre la version des vaincus algériens de la guerre d’indépendance.

« Personne ne t’a transmis l’Algérie. Qu’est-ce que tu croyais ? Qu’un pays, ça passe dans le sang ? » Ifren, artiste de rue à Alger, apostrophe ainsi celle à qui il sert de chauffeur, la jeune Naïma. Née en Normandie, d’une famille d’origine algérienne, comme on dit, elle vient de traverser la Méditerranée pour la première fois de sa vie et s’apprête, après un court séjour sur la terre de ses ancêtres, à regagner la France. « Tu viens d’ici mais ce n’est pas chez toi », insiste Ifren, car « ce qu’on ne transmet pas, ça se perd, c’est tout ».

Naïma ne tenait pas, « comme ces Français qui rentrent au bled pour les vacances » et que veut brocarder Ifren, « à être aussi algérien(ne) que les Algériens ». Elle travaille en France dans une galerie d’art dont le directeur opportuniste a jugé bon d’organiser, en ces temps d’islamophobie, une rétrospective de l’œuvre d’un peintre algérien, un Kabyle qui a pris pour nom d’artiste le pseudonyme Lalla, en hommage à Lalla Fatma N’Soumer, grande résistante anticolonialiste du XIXe siècle.

Et elle est venue tenter de convaincre tous ceux qui possèdent certains des dessins ou des tableaux de l’artiste de les lui confier pour les exposer ou les vendre. Un voyage professionnel qu’elle avait hésité à entreprendre. Elle savait, évidemment, qu’il la confronterait à son histoire familiale, aux silences de ses parents et de ses grands-parents sur ce qui les a conduits à vivre en France sans jamais retourner, fût-ce pour des vacances, en Algérie.

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