Lundi 18 Décembre 2017

Le Comité contre le terrorisme de l’ONU à Alger: La société civile appelée à lutter contre l’extrémisme

Le Comité contre le terrorisme de l’ONU à Alger: La société civile appelée à lutter contre l’extrémisme
(El Watan 20/06/13)

Alger vient d’abriter un atelier consacré à la prévention contre l’incitation à l’extrémisme violent l Organisés par le Comité contre le terrorisme de l’ONU, les travaux, qui ont duré trois jours, avant de s’achever hier, ont vu la participation des représentants des gouvernements et des ONG de la région de l’Afrique du Nord.

Organisé par le Comité contre le terrorisme (CCT) de l’ONU, un atelier consacré à la prévention contre l’incitation à l’extrémisme violent a eu lieu à Alger. Tenus à huis clos, les travaux de ce workshop ont regroupé non seulement les représentants des gouvernements du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, mais aussi d’ONG venus d’Egypte, de Libye, de Palestine, qui activent dans différents domaines, notamment médiatique, culturel, de la jeunesse, etc.

Rencontrés hier après la clôture de ces travaux, Mme Sonia Ladgham (chef de section par intérim au niveau de la direction exécutive du CCT) et Hassan O. Baage (directeur adjoint du bureau d’évaluation technique auprès du directoire exécutif du CTC) ont insisté sur la caractère «confidentiel» de l’atelier lié, selon eux, «à des impératifs sécuritaires». Néanmoins, ils ont expliqué que ce workshop permet d’«impliquer davantage la société civile dans la prévention de l’extrémisme violent à travers la lutte contre l’incitation au terrorisme. Le thème est en relation avec la résolution 1624 de 2005 relative à l’incitation à la violence et qui appelle les Etats membres à l’interdire en droit, l’empêcher et refuser l’asile à toute personne qui incite à la violence. Nous faisons en sorte de réunir les ONG avec les représentants des gouvernements et de créer une synergie entre les deux parties pour agir ensemble contre l’incitation aux actes de terrorisme.

Cette stratégie a été encouragée par le Conseil de sécurité à travers la résolution 1963 sur la mise en place de stratégies globales de lutte contre les conditions qui favorisent le terrorisme, telles que la pauvreté, le non-respect des droits de l’homme et les problèmes de développement». Pour nos interlocuteurs, l’atelier d’Alger est le quatrième du genre puisque, avant lui, il y en a eu d’autres dans les régions du Sahel, d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, ainsi qu’en Arabie Saoudite sur des thèmes liés, entre autres, au financement du terrorisme, à la sécurité des frontières et à la coopération en matière de lutte contre le terrorisme. «Durant les travaux de l’atelier d’Alger, les représentants des gouvernements se déclarent tous conscients de l’importance de la société civile dans la lutte contre l’extrémisme. Certains ont trouvé les moyens de bien encadrer la question à travers des mesures douces, et non pas sécuritaires.»
Interrogés sur la difficulté d’obtenir un équilibre entre le respect de la liberté d’expression et l’incitation à la violence, les deux responsables du CCT précisent : «Les incitateurs à la violence sont ceux qui appellent ou encouragent l’exécution d’actes terroristes. Il n’est pas question donc de limiter ou de porter atteinte à la liberté d’expression.»

Revenant sur les débats des trois jours de l’atelier d’Alger, Sonia Ladgham et Hassan O. Baage ont mis l’accent sur «les échanges fructueux entre les ONG d’Afrique du Nord, mais aussi entre celles-ci et les pays de la région. Parmi ces derniers, certains sont plus avance et d’autres sont toujours à la traîne». Il est à souligner que le Comité contre le terrorisme a vu le jour, le 28 septembre 2001, à la suite de la résolution 1373 (2001), du Conseil de sécurité de l’ONU. Celle-ci qui appelle les Etats membres à prendre un certain nombre de mesures afin de renforcer leur capacité juridique et institutionnelle de lutte contre les activités terroristes sur le territoire national, au niveau régional et dans le monde entier.

Parmi les mesures, la résolution a appelé les Etats «à ériger en infraction le financement du terrorisme, à geler sans attendre tous les fonds des personnes impliquées dans des actes de terrorisme, à interdire que les groupes terroristes reçoivent un soutien financier quel qu’il soit, à refuser de donner asile aux terroristes, de leur offrir des moyens de subsistance ou de leur apporter un appui, à échanger des informations avec les autres gouvernements sur tout groupe préparant ou planifiant des actes terroristes, à coopérer avec les autres gouvernements en ce qui concerne les enquêtes sur ceux qui sont impliqués dans de tels actes, leur détection, leur arrestation, leur extradition et les poursuites à leur encontre et à ériger en infraction dans le droit interne l’apport d’un appui, actif ou passif, au terrorisme, et traduire les coupables en justice».

Le contrôle de l’application de cette résolution a été confié au CCT qui s’emploie, depuis 2001, à renforcer les capacités des Etats membres pour empêcher les actes de terrorisme sur leur territoire et dans l’ensemble des régions. Le Comité contre le terrorisme est assisté par une direction exécutive qui l’aide à appliquer ses décisions de politique en évaluant, avec des experts, la situation de chaque Etat membre et en facilitant l’apport aux pays d’assistance technique dans la lutte contre le terrorisme. En 2005, une autre résolution, la 1624, a visé l’incitation au terrorisme. Elle exhorte les Etats à interdire en droit, empêcher et refuser l’asile à toute personne qui fait l’objet d’informations crédibles et pertinentes selon lesquelles il existe des raisons sérieuses de penser qu’elle est coupable d’une telle incitation.

Salima Tlemçani

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