Lundi 20 Novembre 2017

Il a réuni hier ould abbès, ghoul et benyounès : Ouyahia redessine la carte politique

Il a réuni hier ould abbès, ghoul et benyounès : Ouyahia redessine la carte politique
(L'Expression (alg) 13/09/17)
Djamel Ould Abbès--Amar Ghoul --Amara Benyounès.

Lors de ce conclave restreint, le Premier ministre a appelé à une meilleure coordination entre les partis qui soutiennent le président de la République.

Il prend ses précautions d'avance. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, veut aller au Parlement d'un pas assuré. En prévision de la présentation du plan d'action du gouvernement dimanche prochain au Parlement, Ahmed Ouyahia a réuni, hier les chefs des partis de la coalition. Il s'est retrouvé autour de la même table avec le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, le président du parti Tajamoue Amal El Djazair TAJ, Amar Ghoul et Amara Benyounès du parti MPA ainsi que Seddik Chihab représentant du RND. Les chefs des groupes parlementaires ont également assisté à cette réunion. Une première du genre dans les annales politiques des partis du pouvoir. Le conclave des états-majors de la coalition a capté les regards de toute la classe politique et médiatique en laissant libre court à des interrogations. S'agit-il de relancer l'alliance présidentielle abandonnée a mi-chemin? Le gouvernement appréhende-t-il le face-à face avec les députés? loin s'en faut, les partis de la coalition tentent de coordonner leur action. «Cette réunion vise à coordonner l'action des partis qui soutiennent le président de la République et le plan d'action du gouvernement», a affirmé Seddik Chihab, du RND. Contacté par nos soins, ce dernier estime que l'initiative du Premier ministre est une bonne chose puisqu'elle permettra aux partis concernés d'accorder leurs violons. Selon lui, le RND ne peut que se féliciter de cette action. Lors de ce conclave restreint, le Premier ministre a exposé devant ses hôtes les grandes lignes de sa feuille de route en appelant à une meilleure coordination entre les partis qui soutiennent le président de la République. La conjoncture actuelle, marquée par la crise économique et la décision d'application de la planche à billets qui fait tâche d'huile, oblige le locataire du palais docteur Saâdane à redessiner les priorités politiques. C'est pourquoi il a appelé ses alliés à monter au front. Le secrétaire général du FLN estime pour sa part que cette initiative permet aux partis de se concerter autour du plan d'action pour le mener à bon port. La rencontre d'hier ne sera pas la dernière. D'autres actions seront menées dans ce sens. «C'est une initiative qui reste ouverte à tous les partis qui priment l'intérêt général», a-t-il déclaré à L'Expression. Autrement dit, cette initiative est un premier pas pour la concrétisation du front uni afin de faire face à toute attaque. Devant une opposition qui s'acharne de plus en plus et verse dans les critiques les plus acerbes à l'encontre du pouvoir, ce dernier prend les devants pour éviter toutes mauvaises surprises. Or, avec une majorité écrasante représentée par 296 députés sur les 462 que compte la chambre basse du Parlement, il n'y a rien à craindre pour le passage du plan d'action au Parlement. Le document de Ahmed Ouyahia sera adopté d'office. Cette-fois les députés de la coalition n'auront pas droit à une marge de critique. Devant une opposition qui prépare une attaque violente, les représentants des partis majoritaires doivent se montrer plus disciplinés pour donner une image d'une coalition unie. Il faut reconnaître que les députés du FLN ou du RND sont parfois plus critiques que l'opposition sur l'action du gouvernement. La séance de dimanche prochain promet d'être houleuse. Les partis de l'opposition ne vont pas épargner le gouvernement de critique sur les choix retenus dans sa démarche. Le recours aux financements non conventionnels afin de combler les déficits du budget de l'Etat fait couler beaucoup d'encre. Des experts financiers et en économie ainsi que certains partis politiques mettent en garde contre cette décision dont les conséquences seront, selon eux, désastreuses sur l'avenir du pays. Devant cet état de fait, les députés de la majorité doivent se préparer aux représailles pour défendre le choix du gouvernement bec et ongles. Ces derniers seront nombreux à participer au débat sur le plan d'action pour étouffer la voix de l'opposition. Après le conclave d'hier, les chefs des partis politiques vont réunir leurs représentants au Parlement pour leur transmettre les directives à suivre dans les débats sur le plan d'action du gouvernement.

Nadia BENAKLI

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