Jeudi 23 Novembre 2017

Étudiants algériens : la ruée vers l'étranger

Étudiants algériens : la ruée vers l'étranger
(Le Point 10/11/17)
Des étudiants algériens devant l'Institut français d'Alger, le 29 octobre 2017.

La longue file observée récemment devant l'Institut français d'Alger est venue rappeler combien il est prisé de poursuivre ses études à l'extérieur. Des centaines d'étudiants algériens entreprennent chaque année les démarches pour poursuivre leurs études à l'étranger. La France est le premier pays d'accueil. Selon l'ambassade de France en Algérie, ils étaient plus de 22 600 étudiants inscrits dans les universités françaises en 2013. Qui sont ces jeunes universitaires qui quittent chaque année le pays ? Ont-ils regagné l'Algérie après leur cursus universitaire ? Sont-ils restés sur place pour tenter une première expérience professionnelle ? Sont-ils partis ailleurs ?
Le Test de connaissance du français, la première étape

Le 29 octobre dernier, une foule impressionnante d'étudiants algériens s'est massée devant les portes de l'Institut français d'Alger (IFA). Ils sont venus s'inscrire pour passer le Test de connaissance du français (TCF), indispensable pour postuler dans une université française. Les images ont pu choquer certains, surtout à la veille du 1er novembre, date à laquelle l'Algérie célèbre l'anniversaire du déclenchement de la guerre de libération. Le Rassemblement national démocratique (RND), parti du Premier ministre, a réagi très rapidement. « Ce n'est pas une question de visa, mais il s'agit d'un concours annuel d'évaluation du niveau de langue des étudiants pour la poursuite des études dans les universités en France », a-t-il expliqué dans un communiqué. Et son porte-parole de parler le jour même d'une « affaire planifiée ».

Du côté de l'Institut français d'Algérie, on évoque un « flux sans précédent » avant de donner quelques explications. « Le Test de connaissance de français (TCF) rencontre un tel succès que nous avions décidé d'organiser les prises de rendez-vous à travers un site internet. Nous avons eu 700 000 connexions par jour et parfois 70 000 connexions simultanées », détaille Grégor Trumel, conseiller de coopération et d'action culturelle à l'ambassade de France en Algérie et directeur de l'institut dans un entretien à TSA. Mais la plateforme a été saturée. Les candidats devaient venir directement à l'institut pour s'inscrire. « Étant donné qu'ils étaient inquiets et qu'ils craignaient de ne pas avoir de rendez-vous, ils sont venus en masse », ajoute-t-il.

Le nombre d'étudiants qui quittent le pays, chaque année, pour poursuivre leurs études à l'étranger « a toujours été important pour l'Algérie », remarque Mohamed Saïb Musette, sociologue spécialiste des questions migratoires et directeur du département d'économie sociale et de développement humain au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread). Précision : parmi ces jeunes universitaires qui s'inscrivent dans les établissements européens, américains ou canadiens, certains ont une bourse de l'État même s'ils sont en nombre réduit. « En 2016, ils étaient près 600 à obtenir cette bourse », précise notre interlocuteur. D'autres sont le plus souvent pris en charge par leurs familles.
De la difficulté à déterminer les candidats au départ

Ce phénomène reste difficilement quantifiable. En 2013, ils étaient plus de 22 600 étudiants algériens inscrits dans les universités françaises, selon les données de l'ambassade de France en Algérie. Durant les premiers jours d'inscriptions au TCF, à la fin du mois d'octobre, dont la durée de validité est seulement de deux ans, certains étudiants venaient avec leurs parents. « C'est moi qui l'ai poussée à faire ces démarches (pour partir). Quand on avait leur âge, on ne voulait pas partir. Maintenant, on force nos enfants à le faire », lâche le père d'une jeune étudiante. Pourquoi partir finalement ? Pour terminer ses études et rentrer avec un meilleur diplôme ? Rester sur place et tenter de décrocher un premier poste pour s'installer dans le pays ?

« J'ai choisi de poursuivre mes études en France pour des raisons pratiques et économiques. Les universités françaises offrent un enseignement de qualité et un diplôme reconnu. Les frais d'inscription y sont relativement abordables », explique Youcef. Âgé de 30 ans, cet étudiant titulaire de deux masters, en journalisme et en langue française, s'est inscrit cette année à Paris-Descartes en didactique des langues en master 2. Il a enseigné durant plus de trois ans à l'Institut français d'Alger. « Je voyais tous les jours des étudiants dont le seul objectif était de partir en France. Pas seulement dans les cours, mais également lors de la passation des examens officiels de la langue française. On recevait près de 600 candidats à chaque session d'examen. J'étais impressionné par leurs CV », relate l'ancien enseignant redevenu aujourd'hui étudiant.

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