Samedi 24 Février 2018

En Algérie, après l’annonce du Conseil constitutionnel : « C’est comme si la France hiérarchisait les victimes »

En Algérie, après l’annonce du Conseil constitutionnel : « C’est comme si la France hiérarchisait les victimes »
(Le Monde 13/02/18)

« Il y a une logique de réhabilitation de l’Histoire, pour que l’on sache que la France a mené une guerre en faisant des choses pas correctes et qui n’ont jamais été reconnues depuis 1962. » Fwad Hasnaoui, élu de l’Assemblée des Français de l’étranger, se félicite de la décision du 8 février du Conseil constitutionnel français. Ce dernier reconnaît le droit aux victimes civiles algériennes de la guerre d’indépendance (1954-1962) de réclamer une pension à l’Etat français, au même titre que les civils français. Une décision « constructive pour un avenir serein entre les deux pays », estime l’élu.

L’information n’a pas fait la « une » des journaux algériens, ni suscité de réactions des autorités. Elle concerne pourtant toutes les victimes civiles, blessées, tombées malades ou dont la maladie s’est aggravée à cause des conditions de détention entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962, ainsi que leurs ayants droit. Potentiellement donc un nombre très important de personnes, d’autant que les villes elles-mêmes ont été des théâtres de guerre.

« J’ai cru à une blague »
« Au début, j’ai cru que c’était une blague », avoue Abdelkrim Lounis, membre de la Fondation de la Wilaya 4, une association qui recueille les témoignages d’anciens combattants et de militants de la guerre d’indépendance. M. Lounis a perdu son père à cette époque. Arrêté par l’armée française, ce dernier a disparu sans laisser de traces, au début des années 1960 en périphérie d’Alger. Aujourd’hui, son fils demande l’ouverture des archives militaires « pour que les familles puissent enfin savoir et faire leur deuil ». Il commente, interloqué, la décision du Conseil constitutionnel : « C’est insensé. Nos parents sont morts pour des idéaux. Je ne vais pas aller faire la queue devant une administration pour qu’on me donne un chèque. Si la France veut soulager ma douleur, qu’elle m’aide à retrouver les dépouilles de nos disparus. »

En 2005,...

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