Vendredi 22 Septembre 2017

Élections locales: la crainte d’une abstention massive

Élections locales: la crainte d’une abstention massive
(Le Soir d'Algérie 13/09/17)
La crainte d’une abstention massive pour les élections locales.

Les partis, notamment ceux contraints à la collecte des signatures pour valider leurs listes électorales en vue des élections locales du 23 novembre prochain, appréhendent grandement une bouderie plus significative que celle enregistrée lors des dernières élections législatives.

Et si cela venait à se vérifier, ce serait, soutient amèrement le président du FNA, «catastrophique pour le pays», estimant que le pouvoir a tout fait pour discréditer la classe politique, allant jusqu’à «mettre sur le même pied d’égalité les partis qui activent au quotidien et les indépendants, ces saisonniers de la politique».
Un avis que partage également le président du Front de l’Algérie Nouvelle (FAN) qui dit relever des «difficultés énormes pour convaincre les citoyens à candidater et à accorder leurs signatures pour valider nos listes électorales».
Ahmed Benabdeslam regrette que la classe politique soit «laminée jusqu’à ce que le militantisme et l’engagement politique suscitent de l’aversion auprès de larges couches de la société». Pour faire face à cette contrainte de taille liée à la collecte des signatures des électeurs, l’ex-député sous la bannière du mouvement Nahda, avoue avoir eu des propositions d’alliances de la part de partis de la même taille que la sienne. Sauf que, fait remarquer notre interlocuteur, le communiqué du ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire, rendu public avant-hier lundi au soir, reste évasif alors qu’il était supposé apporter des éclaircissements.
Dans ce document, le département que dirige Noureddine Bédoui invite les partis politiques désirant constituer des alliances en perspective des élections locales du 23 novembre prochain, à se référer aux dispositions de la loi organique relative au régime électoral. Notamment son article 73 qui stipule que s’il y a alliance entre deux partis politiques et plus, celle-ci «doit être constituée par les premiers responsables des partis politiques qui la composent et doit revêtir un caractère national». Seulement, les membres d’une même alliance peuvent se présenter séparément dans une quelconque circonscription électorale à condition que ladite alliance n’y concoure pas. Une disposition «floue», selon le président du FAN qui exprime sa préférence pour des «alliances locales» avec, donc, «possibilité pour un parti de nouer plusieurs alliances selon les affinités au niveau de chaque circonscription électorale».
Pour sa part, le chargé à la communication au sein du mouvement Islah qui a décidé de s’engager en solo, le 23 novembre prochain, tient à relever l’interprétation faite de la loi électorale d’une wilaya à une autre. C’est ainsi qu’à Jijel par exemple, le parti s’est vu interdire par la DRAG (Direction de la règlementation et de l’administration générale) de bénéficier de l’exemption de la collecte des signatures au moment où ses pairs de la défunte alliance de l’Algérie verte ont en bénéficié.
Hocine Messaoudène fera aussi remarquer le peu d’intérêt que suscitent les prochaines élections locales auprès des citoyens, peu enclins à se porter candidats et à parapher les candidatures des autres, partisanes ou indépendantes soient-elles.

Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) -

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