Mardi 25 Juillet 2017

Dialogue lancé par Tebboune : les doutes de l’opposition

Dialogue lancé par Tebboune : les doutes de l’opposition
(Midi Libre 17/07/17)
Abdelmadjid Tebboune, Premier ministre.

Le dialogue que veut lancer le Premier ministre avec les partis politiques, les syndicatset Le monde associatifn’attend que le feu vert du président de la République.

C’ est ce que vient d’annoncer Abdelmadjid Tebboune qui a aussi révélé que ce dialogue sera organisée sous forme de conférence à laquelle prendront donc part toutes les parties intéressés par l’initiative du Premier ministre et qui, par voie de conséquence, répondraient de manière positive à cette invitation. A ce titre s’il est certain que les partis, les syndicats et les associations et organisations de la société civile proches du gouvernement et qui soutiennent donc sa politique seront de la partie.

Il risque fort bien d’en être autrement des partis qui s’inscrivent en porte à faux de la démarche gouvernementale. Les signes avant-coureurs sont bel et bien là. En effet les premières réactions émanant du camp de l’opposition ne sont guère réjouissantes pour le Premier ministre. Des partis ont d’ores et déjà exprimés leur scepticisme, voire même leur claire défiance visà- vis du contenu que propose Abdelmadjid Tebboune. Mais aussi, par ricochet, des motivations du gouvernement pour cette démarche. Dans ce contexte des partis politiques suspectent le gouvernement de vouloir les associer dans la nouvelle politique qu’il entend mettre en oeuvre. Une politique faite de mesures impopulaires.

En effet face à la crise qui secoue le pays des suites de la chute des revenus pétroliers et ses néfastes répercutions sur les ressources financières, le gouvernement n’a d’autre choix que d’opérer de sévères coupes dans son budget. D’ailleurs aussi bien Abdelmadjid Tebboune que certains ministres ne s’en cachent plus et avancent même à visage découvert sur ce terrain. Grosso modo, pour eux, il est impossible de poursuivre dansune certaine voie alors que les finances dupays sont au plus mal. "L’ère de l’aisance financière est désormais finie" ne cessent-ilsde clamer en préconisant clairement dechanger de fusil d’épaule en matière de politiquede subventions.

Une politique très coûteuse pour le budget de l’État il est vrai puisque des milliards de dollars sonnants et trébuchants vont au soutien des prix de certains produits de première nécessité. Une politique qui profite à tout le monde, aux riches comme aux pauvres.Les temps étant durs, le gouvernement n’a plus les moyens de poursuivre dans cette voie ce d’autant que, par ailleurs, il faitaussi face à d’incommensurables besoinssociaux, comme c’est le cas dans lessecteurs du logement, de la santé ou del’éducation nationale.Autant dire que les mesures impopulaires sont inévitables même si les officiels semontrent rassurants dans leurs déclarations.

C’est pour cette raison essentiellement quel’opposition voit d’un mauvais oeil cettedémarche de l’exécutif.Pour certains partis de l’opposition le gouvernementa refusé les offres de dialogue quilui ont été proposées il n’y a pas silongtemps. C’était il est vrai à l’époque del’aisance financière et le gouvernement, quidormait alors sur un immense matelas financier se croyait alors à l’abri de tout contre coup.
Par : KAMAL HAMED

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