Mardi 12 Décembre 2017

Comment Alice Zeniter, prix Goncourt des lycéens, sonde avec subtilité la mémoire de la guerre d’Algérie

Comment Alice Zeniter, prix Goncourt des lycéens, sonde avec subtilité la mémoire de la guerre d’Algérie
(Jeune Afrique 18/11/17)
Alice Zeniter, Prix Goncourt des lycéens

La jeune romancière a reçu ce 16 novembre le prix Goncourt des lycéens pour son roman, exploration méthodique par le langage des histoires de l’Algérie et de l’immigration.

L’Art de perdre. On croirait le nom d’un album d’Orelsan. C’est le titre du cinquième roman d’Alice Zeniter, 31 ans, récompensé par le Goncourt des lycéens ce 16 novembre. Sur plus de 500 pages, Zeniter tisse une saga familiale contemporaine, qui s’ouvre en Kabylie dans les années 1930 avec Ali, et se ferme en France avec Naïma, une jeune française d’origine algérienne, petite-fille d’Ali.

Entre deux, la guerre pour l’indépendance a fait de ce dernier un harki. L’immigration et le racisme ont fait de son fils, Hamid, un jeune révolté. L’histoire rattrape Naïma, que la France renvoie sans cesse à l’histoire de sa famille. Les titres des trois chapitres éclairent : « L’Algérie de Papa », « La France froide » et « Paris est une fête ».
Finesse du style au service de l’épaisseur du sujet

L’Art de perdre, documenté sur le plan historique, n’est pas pour autant une monographie autour d’un passé omniprésent ou une question polémique, à savoir celle des harkis et de leur destin. C’est surtout un roman très fin dans le style. Si Zeniter donne une épaisseur littéraire à son sujet, c’est qu’elle place la langue au centre de son récit.

Dès les premières pages, elle joue avec le mode narratif, pour obliger le lecteur à considérer le poids des mots : « Omar demande aux hommes s’ils aiment Messali Hadj. (Il dit « aimer », il ne dit pas « soutenir » ni « être d’accord avec »)… ». Les mots sont les lieux d’une bataille. D’ailleurs, remarque l’auteur : « Cette guerre avance à couvert sous les euphémismes. »

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