Samedi 24 Février 2018

Algérie - Partenariat public-privé : la preuve que la présidentielle est déjà dans les têtes

Algérie - Partenariat public-privé : la preuve que la présidentielle est déjà dans les têtes
(RFI 23/01/18)

Le 23 décembre dernier, le gouvernement s'est réuni avec le responsable de l'Union générale des travailleurs algériens (centrale syndicale proche du pouvoir) et les représentants des organisations patronales, dont le Forum des chefs d'entreprises (FCE). À l'issue de la rencontre, les trois partenaires ont signé une charte pour le partenariat public-privé (PPP). Dans son discours, le Premier ministre s'est engagé sur plusieurs questions, dont l'ouverture du capital des petites et moyennes entreprises publiques. « Le gouvernement vous assure de sa disponibilité à accompagner le développement du partenariat sociétaire ainsi que le développement du partenariat public-privé. Dans cet esprit, nous faciliterons l'ouverture du capital des petites et moyennes entreprises publiques, dans le cadre de la législation en vigueur », a promis Ahmed Ouyahia. « Le gouvernement apportera aussi son soutien à tout investissement nouveau associant des entreprises publiques avec des entreprises privées ou mixtes », a-t-il ajouté.

Tripartite parallèle
Une semaine plus tard, Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, a exprimé son opposition à toute privatisation. Le 3 janvier, il a organisé une sorte de tripartite parallèle avec les mêmes partenaires qui avaient pris part à la rencontre présidée par le Premier ministre. À l'ordre du jour, la situation économique et sociale du pays, et notamment le partenariat public-privé. Publiquement, le patron du FLN nie complètement l'existence d'une divergence avec Ahmed Ouyahia et la stratégie de son gouvernement. Ce qui ne l'a pas empêché d'ajouter : « Lui, en tant que Premier ministre, applique le programme du président de la République. Et moi, en tant que responsable du premier parti du pays, dont le président d'honneur est le chef de l'État, j'ai l'obligation d'ouvrir le débat sur cette question économique. Ceux qui parlent de désaccord avec le gouvernement font de la confusion », avait indiqué Djamel Ould Abbes au site d'information TSA. Cela dit, dans les faits, force est de constater que Djamel Ould Abbes remet constamment en cause les décisions prises par le Premier ministre.

Instruction du président Bouteflika
« À partir d'aujourd'hui, le gouvernement va coordonner avec nous […]. Nous sommes le parti majoritaire. Nous sommes le parti de l'État. Et nous sommes l'État. L'État, c'est le FLN », a lancé le patron du FLN à l'issue de sa « tripartite ». C'est dans ce contexte tendu que le président Bouteflika a donné, le 11 janvier, instruction au gouvernement pour subordonner à son accord préalable toute opération d'ouverture de capital ou de cession d'actifs des entreprises publiques. L'instruction a sonné comme un rappel à l'ordre au Premier ministre, dont le FLN s'est félicité.

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