Lundi 11 Décembre 2017

Algérie – Maroc : « It’s the economy, stupid* ! »

Algérie – Maroc : « It’s the economy, stupid* ! »
(Jeune Afrique 06/11/17)
Le roi Mohamed VI du Maroc (G) et le président algérien Abdelaziz Bouteflika (D). Photo d'archives

«La création d’un climat passionnel, les insultes, non seulement entre les dirigeants mais surtout entre les masses, encore sensibles au particularisme et au nationalisme, creusent un fossé qu’il sera difficile de combler. »

Cette analyse visionnaire émise en 1964 émane d’un certain Mohamed Boudiaf. Et n’a hélas, plus d’un demi-siècle plus tard, pas pris une ride. En témoignent les récentes déclarations antimarocaines du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et la énième crise diplomatique qui en a découlé.

Sur le plan des relations bilatérales, l’encéphalogramme est toujours désespérément plat (aucune visite depuis plus de sept ans). Pis, le conflit qu’entretiennent les frères ennemis du Maghreb paralyse toute une région (les réunions de la mal nommée Union du Maghreb arabe ne se tiennent même plus), l’une des moins intégrées au monde, avec l’aberrante fermeture d’une frontière de 1 600 km, et empoisonne la vie du continent tout entier.

La tenue du sommet Union européenne (UE)-Union africaine (UA), à Abidjan, fin novembre, a ainsi donné lieu à un nouvel affrontement en coulisses autour de l’invitation ou non de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Depuis le retour du Maroc dans l’UA, le 30 janvier 2017, la tension est encore montée d’un cran. Consternant.

Le mal s’est enkysté

L’arrivée au pouvoir concomitante, en 1999, de Mohammed VI et d’Abdelaziz Bouteflika, lequel est né à Oujda, avait pourtant suscité l’espoir d’une détente entre les deux pays. Tout le monde s’accordait à penser que seule une volonté commune au plus haut sommet des États pouvait dénouer cet inextricable écheveau de rancœur, de fiel et d’aveuglement. Or leur dernier entretien remonte à… 2005, à l’occasion d’un sommet de la Ligue arabe à Alger. Deux longues heures de tête-à-tête, puis une trentaine de minutes d’échanges restés secrets dans un véhicule officiel, sur la route de l’aéroport. Chaleureuses accolades devant les caméras. Nous y avons cru.

Douze ans plus tard, les fruits n’ont jamais passé la promesse des fleurs. Le mal – défiance et jalousie permanentes, incessantes attaques contre le voisin, course effrénée à l’armement de part et d’autre, absence de dialogue même sur des questions cruciales (développement économique, lutte antiterroriste) – s’est au contraire enkysté.

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