Vendredi 24 Novembre 2017

Algérie - Hydrocarbures : un sevrage difficile

Algérie - Hydrocarbures : un sevrage difficile
(Le Point 14/07/17)

Secteur privé, système social, réformes pour diversifier l'économie : pour le Fonds monétaire international, l'Algérie doit d'urgence accélérer .1,3 %, c'est le chiffre de la croissance du PIB hors hydrocarbures selon les estimations du Fonds monétaire international pour 2017. En baisse depuis deux ans, puisqu'il s'établissait à 5 % en 2015 et à 2,9 % en 2016. L'institution monétaire internationale en visite dans le pays fin mai appelle à une réaction imminente des autorités pour diversifier l'économie algérienne.

Une dépendance risquée

Malgré ces recommandations, il est vrai que le pays reste assujetti aux fluctuations du cours du pétrole et aux recettes perçues par la vente d'hydrocarbures, qui représente deux tiers de ses exportations et 35 % de son PIB, selon l'Opep. Pas de quoi se réjouir pour Alger, dont le système social est financé en partie avec l'argent du pétrole. Résultat : l'Algérie est lancée dans une course aux prêts internationaux pour payer ses fonctionnaires.

Pour la première fois, il a même dû contracter un prêt de 900 millions d'euros auprès de la Banque africaine de développement (BAD), en novembre 2016, afin de compenser le choc pétrolier de 2014-2016.

Les entraves à la diversification

L'étau se resserre donc sur le pays, qui, malgré les multiples signaux d'alarme envoyés par les institutions et les experts, ne semble pas mesurer l'urgence de la situation. Pour Ferhat Aït Ali, expert financier et chef d'entreprise, le principal coupable de cet immobilisme est l'administration.

En effet, malgré une volonté politique émergente sur le sujet, « le processus de diversification économique n'a jamais dépassé le stade de l'intention », affirme-t-il, avant d'ajouter : « Ce qui a été accompli jusque-là l'a même été fait parfois contre l'avis des autorités. » Pour le spécialiste, « les bonnes intentions de l'industrie sont systématiquement contrecarrées par les fonctionnaires qui sont censés les concrétiser et les emmener à aboutissement. C'est une pratique qui ne change pas, et ce depuis les années soixante-dix ».

Illustration de ce constat, la polémique qui vise actuellement le secteur automobile algérien. Vendu en 2012 comme étant une des voies de la diversification en cours, le développement de la filière est aujourd'hui mis à mal par les critiques et les soupçons de corruption. En effet, malgré l'installation de grands groupes du secteur tels que Renault à Oran, le système « Semi Knocked Down (SKD), choisi par le pays et qui consiste à importer des voitures démontées pour les assembler localement, « a ouvert la voie aux abus », dénonce Ferhat Aït Ali. Dernier scandale en date, des photos, circulant sur les réseaux sociaux, de véhicules Hyundaï déjà assemblés et plastifiés de l'usine Tahkout à Tiaret. Une controverse qui suscite des interrogations auprès de l'opinion sur l'honnêteté des patrons de la filière et, par extension, sur son avenir.

La méfiance de l'État à l'égard du secteur privé, plus idéologique qu'économique, est également un frein conséquent à l'émergence d'autres filières. L'exploration de zones jusqu'ici non explorées comme le nord du pays et la signature récente des sociétés Sonatrach et Eni leur permettant l'exploration en pleine mer, autant d'entreprises qui semblent annoncer l'entêtement des autorités concernant le business des hydrocarbures.

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