Vendredi 22 Septembre 2017

Algérie : cet inquiétant recours à la planche à billets

Algérie : cet inquiétant recours à la planche à billets
(Le Point 14/09/17)
Des billets de dinar.

Experts et opposants s'accordent à juger dangereuse cette décision du gouvernement pour faire face à la détérioration de la situation économique du pays.

Après la surprise du limogeage brutal et rapide du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune mi-août, l'Algérie va-t-elle vivre un séisme économique avec la décision de son remplaçant à la tête du gouvernement, Ahmed Ouyahia, de recourir à la planche à billets ? La question est posée. « Depuis 2014, l'Algérie est frappée par une crise financière qui s'annonce durable, car rien ne prévoit, à court et moyen terme, un redressement sensible des prix du pétrole », explique le Premier ministre Ouyahia dans son plan d'action présenté en conseil des ministres le 6 septembre.
Le constat d'impuissance face à la baisse des cours du pétrole

« La situation des finances publiques est préoccupante », lit-on dans le document du gouvernement : « Le recul de la fiscalité pétrolière a généré des déficits budgétaires répétés, entraînant la consommation de la totalité de l'épargne du Trésor qui était logée au Fonds de régulation des recettes, épuisé en février 2017 ». Comprendre : les caisses de l'État sont vides. « La situation demeure extrêmement tendue pour le budget de l'État : dans la situation actuelle, l'année 2017 sera clôturée avec des difficultés réelles, alors que l'année 2018 s'annonce plus complexe ». Ouyahia, déjà chef de l'exécutif entre 1995 et 1998, avait eu à gérer les douloureuses conséquences sociales de « l'ajustement structurel », plan de redressement économique imposé par le Fonds monétaire international (FMI) à l'Algérie afin de rééchelonner de la dette auprès des créanciers internationaux. Il définit clairement les deux risques que produirait la crise : « Ou bien une incapacité à assurer la dépense publique, avec des conséquences économiques, sociales et même politiques périlleuses pour le pays. Ou alors, un processus de perte de souveraineté économique commençant par un recours massif à l'endettement extérieur avec, à moyen terme, une incapacité à honorer le service de la dette, entraînant le recours aux institutions financières internationales, en contrepartie de mesures économiques et sociales draconiennes ». Face à cette situation, quelle est l'option choisie par Bouteflika et adoubée par Ouyahia ? « Promouvoir à titre exceptionnel, des financements internes non conventionnels, qui pourraient être mobilisés pendant une période de transition financière » et « poursuivre la rationalisation des dépenses publiques en vue de la restauration de l'équilibre budgétaire dans un délai de cinq années ». En d'autres termes, recourir à la planche à billets et tenter de réduire les dépenses d'un État qui n'arrive ni à équilibrer ses balances fiscales ni à rationaliser ses politiques sociales par peur d'une contestation sociale.

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