Vendredi 15 Décembre 2017

Il y a cinquante ans, en Afrique du Sud, la première transplantation cardiaque mondiale

Il y a cinquante ans, en Afrique du Sud, la première transplantation cardiaque mondiale
(Le Monde 04/12/17)
À l’hôpital Groote Schuur du Cap, en Afrique du Sud, le bloc opératoire où Christiaan Barnard a réalisé la première greffe du cœur en 1967 a été transformé en musée.

L’hôpital Groote Schuur, qui perpétue l’héritage du pionnier Christiaan Barnard, a mis au point un protocole révolutionnaire pour opérer les personnes atteintes de valvulopathie. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1967, Louis Washkansky, 53 ans, a reçu le cœur d’une jeune femme de 25 ans, Denise Darvall, en état de mort cérébrale après avoir été renversée par un camion. Cette prouesse médicale, la première transplantation cardiaque au monde, a été réalisée il y a exactement cinquante ans par un chirurgien inconnu dans un pays inattendu : l’Afrique du Sud.

« Le samedi [d’avant l’opération], j’étais un chirurgien anonyme dans mon pays. Le lundi, j’étais mondialement connu », avait coutume de raconter Christiaan Barnard, décédé en 2001. Le Sud-Africain est immédiatement propulsé dans un tourbillon médiatique, et devient presque aussi célèbre que Nelson Mandela. Elevé au rang d’icône de la médecine moderne, le télégénique médecin de 45 ans fait les gros titres de la presse internationale, alors que pour la première fois le monde entier se passionne pour un événement médical.

Au sein de la communauté des chirurgiens en revanche, on estime que le professeur Barnard a volé la vedette à l’Américain Norman Shumway. Depuis plusieurs années, celui-ci s’exerçait sur des animaux et avait mis au point les principales techniques opératoires de greffe cardiaque. En toute logique, il aurait dû être le premier à réaliser une transplantation d’humain à humain. Mais, aux Etats-Unis, où la mort d’un patient était alors définie par l’arrêt du cœur et non par l’état de mort cérébrale, l’opération aurait fait du chirurgien un criminel.
Coup de chance

Avec de l’audace et un grand coup de chance, Christiaan Barnard a su tirer profit de lois sud-africaines plus souples. Et l’accident qui a coûté la vie à Denise Darvall a pu sauver momentanément la vie d’un patient compatible. Le chirurgien a attendu que le cœur de la jeune femme s’arrête complètement de battre avant de le transplanter. « C’était la première greffe cardiaque et il ne voulait pas qu’on puisse lui reprocher d’avoir pris le cœur battant d’un patient », se remémore Dene Friedmann, l’une des infirmières qui a participé à l’opération historique, interrogée par l’Agence France-Presse. Au bout de presque cinq heures au bloc opératoire, le cœur, « choqué » deux fois, est reparti. Le patient s’est réveillé peu de temps après et est même parvenu à s’asseoir.

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