Samedi 18 Novembre 2017

Banque mondiale : « On ne doit pas rester fixé sur un modèle de développement type pour l’Afrique »

Banque mondiale : « On ne doit pas rester fixé sur un modèle de développement type pour l’Afrique »
(Le Monde 18/10/17)
Nena Stoilijkovic, la vice-présidente de l’International Finance Corporation (IFC)

Nena Stoilijkovic explique les raisons qui font que la branche dédiée au secteur privé de l’institution financière a noué de nombreux partenariats avec la Chine. Nena Stoilijkovic est la vice-présidente de l’International Finance Corporation (IFC), la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. Le 25 septembre, lors du sommet Chine-Afrique de Dakar, elle a signé pour la première fois un accord avec un fonds d’investissement chinois. L’objectif est de diversifier les fonds alloués à l’Afrique afin d’atteindre dans les temps les objectifs de développement de l’Agenda 2030.

Lors du sommet, treize accords de partenariat ont été signés entre des fonds chinois et des pays africains, dont un le China-Africa Development Fund (CAD Fund). Que contient-il ?

Nena Stoilijkovic C’est un accord non spécifique de collaboration dans de nombreux domaines pour le cofinancement futur de projets de développement sur le continent, des infrastructures à l’agrobusiness en passant par l’appui de banques locales. Il inclut un partage des connaissances, mais ne prévoit pas pour l’instant de montants définis pour les investissements. Mais nous savons qu’il permettra d’investir de larges montants financiers dans des projets très diversifiés.

Avant cet accord, avec quels fonds chinois collaboriez-vous en Afrique ?

Auparavant, nous avions très peu collaboré avec les Chinois. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé cette conférence. En 2016, nous avons participé à l’agrandissement du port de Tema au Ghana, où nous avons mobilisé plus de 667 millions de dollars [567 millions d’euros] de la Banque de Chine et de l’Industrial and Commercial Bank of China, avec l’appui de la Standard Bank et de la FMO, banque de développement hollandaise. Notre premier partenariat avec un sponsor chinois date de 2010. Nous avions prêté 22 millions de dollars [19 millions d’euros] à CRJE Estate Ltd. pour la construction du premier complexe commercial tanzanien à faible consommation énergétique.

Pourquoi privilégiez-vous la création de nouveaux partenariats avec la Chine plutôt qu’avec des pays occidentaux ?

Nous cherchons avant tout à mobiliser plus de fonds et plus d’acteurs. Il faut encore investir des milliards de dollars pour atteindre les objectifs de développement de l’Agenda 2030. Les entreprises et fonds européens comme américains ont toujours été des partenaires traditionnels. La Chine est un partenaire émergent qui apporte des fonds complémentaires. En France, nous avons une collaboration très forte avec l’AFD [l’Agence française de développement, partenaire du Monde Afrique] et Proparco, leur branche du secteur privé. En 2016, notre participation avec des compagnies françaises s’élevait à 560 000 dollars.

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