Dimanche 22 Avril 2018

Afrique du Sud : trente ans après, l’assassinat de Dulcie September demeure une énigme

Afrique du Sud : trente ans après, l’assassinat de Dulcie September demeure une énigme
(Jeune Afrique 29/03/18)

Trente ans après l’assassinat de cette figure de l’ANC en France, le 29 mars 1988, le mystère demeure sur l’identité de son auteur et de ses potentiels commanditaires…

Quelques secondes ont suffi. Pas de doute, les assassins savaient ce qu’ils faisaient. Une exécution au modus operandi aussi terrible que précis : quatre balles tirées au visage puis une dernière dans la nuque. Ce 29 mars 1988, vers 9 h 45, policiers et secouristes ont beau foncer toutes sirènes hurlantes en direction du 28, rue des Petites-Écuries, dans le 10e arrondissement de Paris, il est déjà trop tard. Dulcie September, représentante du Congrès national africain (ANC) en France, est morte sur le palier de son bureau.

Ce sont les services secrets sud-africains qui sont derrière tout ça », fulmine encore Jacqueline Derens

D’emblée, l’enquête s’annonce compliquée. Ni les douilles retrouvées sur place ni la description des silhouettes qu’un témoin a furtivement croisées dans les escaliers ne permettent une identification significative. Les assassins ont agi en professionnels. Mais pour les proches de la défunte, c’est une évidence : le meurtre est signé. « Ce sont les services secrets sud-africains qui sont derrière tout ça, fulmine encore Jacqueline Derens, traductrice et amie de la victime. Depuis la France, où elle avait trouvé refuge, Dulcie dénonçait quotidiennement ce qui se passait en Afrique du Sud. On a voulu la faire taire. »
Militante pour les droits civiques des Noirs

Les deux femmes se sont rencontrées en 1979, à l’occasion d’une conférence de l’Unesco. Dulcie est sur scène, Jacqueline dans le public. « Je l’ai vue arriver avec une candeur captivante. J’ai tout de suite été subjuguée », se souvient cette dernière. Dulcie s’empare du micro, harangue l’assistance avec son discours sur la politique d’apartheid. « Ces mots étaient si forts qu’on en avait les larmes aux yeux, poursuit son amie. En France, à cette époque, l’opinion publique ne saisissait pas réellement la cruauté de ce qui se passait en Afrique du Sud. Il fallait sensibiliser. C’est que ce qu’elle a tenté de faire toute sa vie durant, et elle en a payé le prix. »

Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/mag/543017/politique/afrique-du-sud-trente-a...

Commentaires facebook