Lundi 18 Décembre 2017

Afrique du Sud : l’insubmersible Jacob Zuma survit à une nouvelle motion de défiance

Afrique du Sud : l’insubmersible Jacob Zuma survit à une nouvelle motion de défiance
(Le Monde 09/08/17)
Le Président Jacob Zuma.

Le Parlement a rejeté à une courte majorité le projet de l’opposition de démettre un président englué dans les affaires de corruption.
Encore raté. Les parlementaires sud-africains ont rejeté, mardi 8 août, une sixième motion de défiance visant à démettre de ses fonctions le président Jacob Zuma. Le septuagénaire a démontré une nouvelle fois sa capacité de survie, en dépit de la myriade de scandales de corruption qui entachent son pouvoir et malgré les efforts acharnés de l’opposition pour le contraindre au départ.

« Les résultats du vote sont les suivants : 177 en faveur de la motion, 198 contre, et 9 abstentions », a déclaré la présidente de l’Assemblée, Baleka Mbete au terme d’une après-midi sous haute tension dans l’hémicycle. Le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 et la fin de l’apartheid, a sauvé les meubles au prix de fortes divisions internes en déboutant l’initiative portée par les partis d’opposition.

« Nous avons prouvé une nouvelle fois que l’ANC est le parti du peuple », a déclaré le président Zuma devant le Parlement, peu après l’annonce des résultats du vote. « Nous représentons la majorité, l’opposition inonde les médias de propagande selon laquelle l’ANC n’aurait plus le soutien du peuple », a-t-il lancé sous les acclamations de ses partisans.
Bulletins secrets

Pour la première fois, le vote s’est tenu à bulletin secret, comme le réclamait l’opposition, et non à main levée, comme c’est le cas habituellement. Annoncé par surprise la veille du scrutin, le caractère secret du vote nourrissait les espoirs des anti-Zuma et des marchés financiers. Le rand sud-africain s’est ainsi apprécié face au dollar, lundi, le président étant perçu comme l’artisan de la débâcle économique du pays, plongé depuis juin en récession. Il a reperdu 1,3 % face au dollar aussitôt connus les résultats du vote.

Les députés d’opposition se sont succédé à la tribune avant le vote pour dénoncer la « capture de l’Etat » par les Gupta, la richissime famille d’origine indienne qui alimente la chronique politique en Afrique du Sud depuis de longs mois. Fin mai, les révélations des GuptaLeaks – entre 100 000 et 200 000 courriels auxquels plusieurs journaux, dont Le Monde, ont eu accès – ont levé le voile sur les schémas de corruption par lesquels les frères Gupta pèsent sur les décisions du sommet de l’Etat.

« Nous nous élevons contre les Gupta, qui s’assurent du déclassement de notre économie, et nous nous élevons contre ceux qui ont abandonné le pouvoir du peuple à une famille d’étrangers. Voilà pourquoi nous sommes là aujourd’hui », a entonné le trublion d’extrême gauche Julius Malema, leader des Combattants pour la liberté économique (EFF).

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