Mercredi 25 Avril 2018

Afrique du Sud : en procès le 6 avril, Jacob Zuma rattrapé par le scandale Thales

Afrique du Sud : en procès le 6 avril, Jacob Zuma rattrapé par le scandale Thales
(La Tribune 28/03/18)
L'ancien président Jacob Zuma.

La retraite présidentielle forcée risque de ne pas être de tout repos pour Jacob Zuma. Après plusieurs tergiversations, la justice sud-africaine a décidé de renvoyer l’ancien président sud-africain devant les tribunaux pour fraude, blanchiment d’argent et corruption dans l’affaire Thint-Thales. L’audience fixée au 6 avril prochain devrait acter de façon formelle, la mise en accusation de Jacob Zuma ainsi que de responsables du groupe français à l’époque des faits. «Mister Scandal» va-t-il se tirer d’affaire comme pour les plus de 700 cas de corruption le concernant devant la justice ?

Le boomerang d'une affaire plusieurs fois enterrée puis déterrée par la justice. Le nouvel acte de ce feuilleton judiciaire s'ouvre le 6 avril prochain devant la Haute Cour de Durban, dans la province du KwaZulu-Natal, là même où le désormais ex-président sud-africain avait comparu en 2005.

Nouvelle mise en accusation dans une affaire à rebondissements

Plus d'une décennie plus tard, Jacob Zuma devrait se voir notifier une nouvelle mise en accusation formelle pour blanchiment d'argent, fraude et corruption dans l'affaire Thint-Thales qui ne cesse de connaître des rebondissements alimentés par de curieux vices de procédure ou de nouvelles découvertes effarantes des enquêteurs.

Pour remonter à l'origine de l'affaire au cœur de l'accusation visant Jacob Zuma, il faut remonter à 1999. Alors vice-président de l'Afrique du Sud sous la mandature de Thabo Mbeki, Jacob Zuma aurait touché 60 000 euros de rétrocommissions annuelles pour faciliter à Thint, filiale de Thomson CSF (devenu Thales), un marché de 4 milliards d'euros d'équipements de navires militaires.

Le tollé politique et médiatique du scandale avait d'ailleurs coûté son poste de vice-président à Jacob Zuma. Le volet judiciaire de l'affaire, volontairement inscrite dans l'opposition politique entre Mbeki et Zuma, avait alimenté un duel qui a fini par tourner à l'avantage du second, porté par le puissant Cosatu et la ligue des jeunes de l'ANC, le parti-Etat.

Schabir Shaik, l'homme d'affaires et conseiller financier de Jacob Zuma, condamné pour avoir joué le sulfureux rôle d'intermédiaire entre Thales et Zuma, a écopé de quinze ans de prison. Le retentissement de l'affaire a aussi participé à pousser Thabo Mbeki à la démission sous la pression savamment entretenue dans les couloirs de l'ANC.

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