Mercredi 23 Août 2017

Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa, Mister President ?

Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa, Mister President ?
(Jeune Afrique 08/08/17)
Cyril Ramaphosa, vice-président du Congrès national africain.

Considéré comme le fils spirituel de Nelson Mandela, Cyril Ramaphosa, vice-président du Congrès national africain, pourrait bien devenir le prochain chef de l’État.

«Rien ne sert de courir, il faut partir à point », écrivait le poète français La Fontaine, narrant la course que la tortue remporta face au lièvre. La maxime pourrait bien s’appliquer à Cyril Ramaphosa, à la fois numéro deux du Congrès national africain (ANC), le puissant parti antiapartheid que Nelson Mandela porta pour la première fois au pouvoir en 1994, et vice-président de l’Afrique du Sud.

À 64 ans, l’ancien syndicaliste reconverti en redoutable homme d’affaires se montre prêt à succéder à Jacob Zuma, le chef de l’État sortant. Adoptant parfois des discours dignes d’un opposant, il a ainsi lancé, le 12 juillet, lors d’un meeting du Parti communiste sud-africain : « Des milliards de rands de ressources publiques ont été détournés dans les poches de certains. »

Voilà qui n’est pas anodin lorsque l’on sait que la conférence qui doit désigner le prochain président du parti, en décembre, risque fort de se résumer à un clash entre pro- et anti-Zuma. Le clan de l’actuel chef de l’État semble coincé dans un labyrinthe de corruption et d’affaires dont il cherche désespérément la sortie. Mis en cause dans le cadre de détournements de fonds publics, accusé dans un rapport daté de 2016 d’organiser une « capture de l’État » et récemment éclaboussé par les révélations des GuptaLeaks – du nom d’une riche fratrie indienne accusée de soudoyer une bonne partie de l’appareil d’État –, le leader de l’ANC laisse en héritage un parti divisé et décadent.
Négociateur

La situation convient parfaitement aux ambitions du vice-président, qui jouit d’une réputation d’activiste chevronné et de gestionnaire intègre. Né dans une famille modeste dans le township de Soweto, en banlieue de Johannesburg, Cyril, à peine âgé de 20 ans, commence la politique en même temps que ses études de droit à l’université de Turfloop, à Limpopo, dans le nord du pays. Sous l’apartheid, son engagement lui vaudra deux arrestations, en 1974 et en 1976. Diplômé en 1981, le turbulent Cyril se consacre à la lutte ouvrière et contribue à la création du Syndicat national des mineurs (NUM) – fort de 312 000 membres en 2012 – avant d’en devenir le premier secrétaire général.

Son éloquence et ses talents de négociateur lui valent le respect des patrons blancs. Dans la foulée, la figure de proue des travailleurs noirs participe à l’élaboration du puissant Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) – qui le soutient encore aujourd’hui – et lance en 1987 l’une des plus importantes grèves de l’histoire du pays. Puis vient la lutte politique avec l’ANC, dont il devient le secrétaire général dès 1991. Soit un an après la libération de Nelson Mandela, devenu son nouveau mentor.

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