Afrique du Sud: cambriolage suspect à la Cour constitutionnelle | Africatime
Mercredi 26 Avril 2017

Afrique du Sud: cambriolage suspect à la Cour constitutionnelle

Afrique du Sud: cambriolage suspect à la Cour constitutionnelle
(AFP 20/03/17)
La Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud

Un cambriolage suspect samedi dans les bureaux du président de la Cour constitutionnelle a déclenché en Afrique du Sud une bataille d'accusations entre l'opposition et le gouvernement qui venait d'être sévèrement critiqué par la Cour.

Des cambrioleurs ont visité samedi les bureaux à Johannesburg du juge Mogoeng Mogoeng et emporté quinze ordinateurs contenant des informations sensibles au sujet de 250 juges sud-africains, selon les autorités sud-africaines.

Un des leaders de l'opposition de l'Alliance démocratique (DA), John Steenhuisen, n'a pas hésité à accuser le ministre de la Sécurité David Mahlobo d'être derrière le cambriolage. "Je parie que c'est Mahlobo... Manoeuvres d'intimidation de la justice", a tweetté le député de l'opposition.

"Il est particulièrement troublant que ce cambriolage soit intervenu au lendemain d'une sévère mise en garde de la Cour constitutionnelle", affirme de son côté un communiqué de la DA.

La veille du cambriolage, la Cour constitutionnelle, présidée par le juge Mogoeng, a sévèrement critiqué le gouvernement, dominé par le Congrès national africain (ANC), pour son rôle dans une crise menaçant le paiement des allocations sociales de 17 millions de personnes.

La Cour avait dénoncé "la conduite extraordinaire" de certains responsables qui, selon elle, n'ont rien fait pour trouver une solution à ce problème né de l'expiration fin mars d'un contrat avec une société privée chargée du versement de ces allocations aux retraités, chômeurs et handicapés.

"Je veux sincèrement comprendre comment on peut en arriver à ce niveau (...) de ce qui peut être caractérisé comme de l'incompétence absolue", s'était exclamé le juge Mogoeng lors d'une audience.

La Cour avait finalement prolongé d'un an le contrat entre l'agence d'Etat en chargé des alllocations et l'entreprise chargée des paiements.

Face aux accusations, l'ANC a dénoncé "les allégations farfelues et les théories du complot" déployées par la DA et appelé la police à retrouver les auteurs du cambriolage.

Le parti de la gauche radicale, les Combattants pour la liberté économique (EFF), a également fait porter la responsabilité du cambriolage sur le ministère de la Sécurité qui a rejeté dimanche dans un communiqué "les accusations sans fondement lancés par certains qui insinuent que nous sommes impliqués".

Le cambriolage "devrait être un souci pour tout le monde et non un sujet de dérision", a ajouté le ministère.

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